Dîner-débat CHAFB à Bobo-Dioulasso

Le club des hommes d’affaire Franco-Burkinabé a organisé le vendredi 26 octobre 2018 à Bobo-Dioulasso une rencontre d’échanges avec les acteurs du domaine agricole. Les échanges se sont tenus sur le thème : « Opportunités d’investissements dans le domaine agricole au Burkina Faso ».

 

C’est autour d’un dîner que se sont déroulés des échanges sur les perspectives concernant le domaine agricole au Burkina Faso. Etait également présent au rendez-vous, le staff du ministère de l’agriculture et des aménagements hydrauliques avec à sa tête le patron du ministère, Jacob Ouédraogo qui était l’invité d’honneur. Une agriculture moderne et outillée pour un Burkina Faso développé, c’est du moins ce que recherche cette grande organisation qui regroupe les acteurs du monde des affaires de la France et du Burkina Faso. Les échanges ont permis de connaître les enjeux du développement de l’agriculture, les besoins en formation et en investissement, le cadre fiscal et les retombés des investissements aussi bien pour les investisseurs que le Burkina Faso.

Une agriculture qui bouge, malgré…

Un des moments forts de la rencontre, les présentations. En effet, deux structures se sont succédées pour s’adresser à l’assistance sur les acquis déjà engrangés par la terre du Burkina Faso. La première structure qui par ailleurs a accompagné l’évènement, est le groupe Bolloré. Madame Edwige Ky commerciale à Bolloré Transport et Logistique a présenté un aperçu des denrées agricoles transportées par la société. La seconde présentation a permis aux acteurs du monde des affaires présents à l’évènement de s’imprégner des réalités du terrain. La présentation a été assurée par Abdel Aziz Ouédraogo, Directeur Général de la promotion de l’économie rurale, département du ministère de l’agriculture et des aménagements hydrauliques. Il en est ressorti que 86% de la population Burkinabé s’intéresse à l’agriculture. De la production globale du pays, 98% est assurée par les petits exploitants et 17% des producteurs ont accès au financement. Cette décroissance touche le domaine de la transformation où seule 12% de la production nationale est transformée, selon monsieur Ouédraogo.

Des potentialités encore plus fortes

Le domaine agricole se trouve face à de nombreuses difficultés. Cela est ressorti moult fois lors des échanges. Il s’agit entre autre du faible taux d’accès aux équipements, l’agriculture qui est essentiellement pluviale, la variation des prix des denrées après récoltes et surtout l’accès difficile au crédit. Ces facteurs affectent toute la chaîne de production et constituent un des points freinant le développement de la transformation locale. Outre ces aspects, le domaine agricole Burkinabé a de fortes potentialités avec ses 9 millions de terres cultivables, plus de 2 300 hectares de terres irrigables et environ 250 000 terres aménageables. Tout cela constitue un potentiel de production et également de transformation. A cet effet, le ministre Jacob Ouédraogo a rappelé que le PNDES (Plan de Développement Economique et Social) fait de l’agriculture le pilier du développement économique et social. Il faut pour ce faire, aller de la production à la transformation et de la transformation à la commercialisation a-t-il ajouté. Le ministre a également expliqué que pour faire tout cela il faut de la semence de qualité, fertiliser les sols et mettre un accent sur la question de mécanisation.

 

Les échanges ont tourné vers les opportunités qu’offre la transformation des produits au Burkina Faso pour un développement plus optimal. Le ministre a saisi l’occasion pour interpeller les acteurs du secteur privé. « Il faut que le secteur privé prenne la chose en main pour sortir le pays de l’insécurité alimentaire. Il peut investir davantage que la production familiale » a-t-il dit. Pour les membres du club initiateur de la rencontre, Il était question d’avoir cette rencontre pour que tous les acteurs du secteur privé qui ne sont pas forcément du milieu de l’agriculture comprennent bien les enjeux, les échéances, les difficultés auxquelles l’agriculture Burkinabé était confrontée. Pour Arnaud Bouhier Secrétaire Général Adjoint du club, les opérateurs économiques privés voient maintenant bien quels sont les défis de l’agriculture Burkinabé. Pour lui, elle est déjà très dynamique mais elle doit maintenant se porter vers plus de transformation pour mettre en valeur le produit des travailleurs de la terre au Burkina Faso.

 

Pour Le Quotidien Numérique d’Afrique,

Nicole OUEDRAOGO